Enseignante titulaire en 6e année à l’école Laplume, Mylène Fréchette consacre depuis près de dix ans son quotidien à accompagner les jeunes dans l’une des plus grandes étapes de leur vie scolaire : la transition vers le secondaire. Arrivée à l’école en 2016, elle y enseigne en 6e année depuis 2017, animée par la même passion qu’elle nourrissait déjà dès son plus jeune âge.
« Il paraît que j’ai déclaré à mes parents, en revenant de ma toute première journée de maternelle à quatre ans, que c’était le meilleur endroit du monde et que j’irais à l’école toute ma vie », raconte-t-elle en riant. Cette étincelle, elle ne l’a jamais perdue.
Un quotidien riche, varié et profondément humain
À l’école Laplume, la journée commence tôt. Dès 7 h 44, Mme Fréchette accueille ses élèves et amorce les routines du matin, des moments qu’elle consacre notamment au développement de l’organisation et de l’autonomie. En tant que titulaire, elle enseigne toutes les matières, à l’exception de la musique, de l’anglais et de l’éducation physique.
Son rôle dépasse largement l’enseignement magistral. Rencontres d’équipe, interventions auprès des élèves, discussions stratégiques pour soutenir ceux ayant des besoins particuliers : le métier s’inscrit dans une grande diversité de tâches. « C’est hyper varié, les rencontres qu’on peut avoir, autant pour le comportement que pour les apprentissages », précise-t-elle.
Soutenir les élèves à relever leurs défis
Parmi les réalités qui ont marqué les dernières années, Mme Fréchette souligne l’arrivée accrue d’élèves allophones. Certains ne parlent pas français, d’autres n’ont jamais fréquenté l’école, plusieurs vivent de l’anxiété liée à un parcours migratoire difficile.
« On les déracine d’un milieu, on les introduit dans une classe de 6e année, et la langue n’est pas acquise. Je pense qu’on fait vraiment une différence en offrant un milieu stable, rassurant, et en les aidant à s’adapter au système scolaire québécois », explique-t-elle.
Une évolution, pas un recul
Lorsque certaines personnes affirment que l’école n’est plus ce qu’elle était, l’enseignante nuance. Oui, le contexte change, les élèves aussi. Mais pour elle, cela reflète surtout l’évolution de la société.
« Les élèves n’apprennent plus de la même façon, et je pense qu’il faut accepter cette réalité. Ils apprennent tout autant qu’en 2007 ou 2008, mais différemment. C’est à nous de nous adapter à eux », insiste-t-elle.
Un métier de cœur, où l’émotion fait partie du parcours
La fin de l’année scolaire est toujours un moment chargé d’émotions. « Il n’y a pas beaucoup de métiers où on pleure autant en tombant en vacances », lance-t-elle en riant. Chaque départ est un déchirement, mais elle retrouve rapidement sa motivation en pensant aux élèves qui auront besoin d’elle dès le mois de septembre.
« Je me demande pourquoi je m’inflige ça… puis je le sais : parce qu’il y en a d’autres qui m’attendent », conclut-elle avec sincérité.